Une odeur de gingembre – Oswald Wynd

L’histoire en quelques lignes
En 1903, Mary Mackenzie, une jeune écossaise de 20 ans, embarque sur le S.S. Moldera, bateau l’emmenant vers Pékin où elle doit se marier avec Richard Collingsworth, un attaché militaire anglais, qu’elle a rencontré un an plus tôt dans les highlands. Elle tient un journal dans lequel elle raconte la vie sur le bateau et des anecdotes sur certains passagers, et écrit régulièrement des lettres à sa mère, restée à Edimbourg. Elle, qui jusqu’alors vivait selon les règles strictes d’une mère presbytérienne, réalise que ce voyage, qui l’emmène vers sa nouvelle vie, la transforme peu à peu. Cette transformation se poursuit à son arrivée à Pékin, où elle se marie avec Richard et commence une vie maritale peu satisfaisante, mais aussi dans les années qui suivirent, lorsque suite à une liaison avec un comte japonais, elle découvre qu’elle attend un enfant de lui. Rejetée par son mari, elle s’enfuit au Japon où elle vivra des événements dramatiques, émaillés par les tensions politiques et faits historiques qui ont conduit aux deux guerres mondiales, mais qu’elle réussira à surmonter grâce à une sérénité admirable et à sa ténacité face à l’adversité.


Mon avis

Je dois dire que ce livre m’a bouleversée plus que je ne l’aurais cru. Je ne connaissais pas Oswald Wynd aussi lorsque j’ai commencé à le lire, je n’étais pas très enthousiaste à l’idée d’aller au bout des 474 pages qu’il contient.


L’histoire démarre assez lentement, trop lentement à mon goût, la première partie du livre racontant le voyage de Mary l’héroïne, vers l’orient, dans un style peu prenant. Je n’arrivais pas à m’attacher à cette jeune écossaise, un brin « coïncée », et les phrases étant parfois très longues, sans virgule, la lecture n’en était pas facile. Cependant, dès que Mary arrive à Pékin, l’histoire, qui se déroule sur fond de tensions politiques entre la France, l’Angleterre, la Russie, la Chine, le Japon, prend une toute autre tournure et on commence à avoir un certain intérêt pour sa vie et l’impatience de savoir ce qui va lui arriver ne vous quitte plus. 

De prime abord, Mary donne l’impression d’être assez conventionnelle, coïncée et incapable de s’affirmer ni même de s’opposer à qui que ce soit. Il ne s’agit là que d’une impression car elle se révèle très vite assez sûre de ses opinions.

Ce livre tout en pudeur, que je qualifierais de beau et d’initiatique, vaut vraiment le détour. Outre l’histoire de vie qu’il relate, il m’a également permis d’approfondir ma connaissance de la culture japonaise d’avant-guerre, notamment caractérisée par le traditionalisme, les courbettes, les maisons minuscules et dépourvues de meubles, leurs cloisons fines et les nattes de paille. On réalise également que les tremblements de terre et tsunamis font quasiment partie du quotidien des japonais, habitués à tout reconstruire après les ruines.


Le mot de la fin pour le titre du livre, qui vient d’un arbre de son jardin à Yokohama, dont les feuilles froissées dans les mains y laissent une légère odeur de gingembre. Cet arbre survivra au tremblement de terre qui a détruit la maison de Mary et à l’incendie qui s’en suivit, et est un peu à l’image de Mary elle-même qui, malgré les malheurs qui ont émaillé sa vie, semble toujours renaître de ses cendres.

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